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Les actualités du Plantaurel

BARBARI

Par PAULINE STRUMIA, publié le mardi 1 juin 2021 11:17 - Mis à jour le mardi 1 juin 2021 11:17
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A l'occasion de l'édition 2021 du Festival "Enfin Livres !", les élèves Latinistes de 4ème sont heureux de recevoir Didier Daeninckx et de lui proposer leur recueil de poésies en français et en latin sur le thème de l'esclavage.

Particulièrement touchés par Cannibale, une aventure littéraire
poignante et rocambolesque qui met en lumière ce fait trop méconnu de
l'exhibition des Kanaks dans les zoos humains, les élèves latinistes de
Quatrième du collège du Plantaurel ont eux-aussi voulu prendre la
plume.
Portés par les vers de Victor Hugo qui offrent un préambule poétique au
roman de Didier Daeninckx, ils ont choisi la poésie pour dénoncer le
drame intemporel de l'esclavage.
Silencieux voyageurs à travers les siècles, ils ont déambulé dans les
antiques marchés aux esclaves, bousculés par la peur des enfants
vendus, l'incrédulité des prisonniers de guerre, la rage des gladiateurs,
la fierté des jeunes femmes aux pieds blanchis. S'ils ont croisé le destin
singulier de quelques affranchis, dont les cheveux repoussaient
doucement sous le pileus, peu d'hommes libérés sont devenus le riche
Trimalcion de Pétrone. Alors, ils ont rejoint les esclaves qui refusaient
leur statut de « chose », ils ont suivi l'armée du Thrace Spartacus sur
les flancs du Vésuve, ils ont cru à la liberté de ces milliers d'insurgés et
ils ont pleuré devant leurs dépouilles crucifiées de la Via Appia. Plus
tard, ils ont embarqué sur les bateaux négriers, des navires qui hantent
encore les océans, dirigés par de nouveaux équipages, ceux qui utilisent
la drogue et la torture pour contraindre des migrants birmans ou
cambodgiens à pêcher la jolie crevette thaïlandaise de nos grandes
surfaces. A Paris, ils ont croisé le regard des esclaves des bruyants zoos
humains, mais aussi des asservis silencieux murés à l'intérieur des
belles demeures.
A l'occasion de l'édition 2021 du festival « Enfin Livres ! » de Cazères-sur-
Garonne et comme Didier Daeninckx, à qui ils proposent leur recueil,
ces élèves ont dit « non » à l'esclavage, en latin et en français, pour ne
jamais oublier.
Ils ont aiguisé leurs canines et leurs crayons, ils ont rejoint le rang de
ces prétendus barbares. Ils offrent à leurs lecteurs des vers qui mordent.
Puissent les premiers mots de ces jeunes gens sceller pour toujours
dans leur esprit jusque dans leur coeur la condamnation de tous les
asservissements. Lisons-les.

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